Imagine Canada

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​La prochaine génération de philanthropes

Mardi, 8 Décembre, 2015
Recherches
Dons

Où sont-ils, les modèles en matière de dons? Voilà une question que nous nous sommes posés en travaillant sur un projet de recherche en philanthropie individuelle entrepris par Imagine Canada pour étudier les habitudes et motivations de dons des Canadiens nantis. Autrement dit, comment les jeunes apprennent-ils à donner? Le mot passe dans le secteur caritatif et sans but lucratif que les jeunes d’aujourd’hui ne s’intéressent plus aux pratiques philanthropiques d’autrefois. Donner n’a pas la même signification pour eux, et ils mettent au défi les organismes de présenter leur travail sous un autre angle et d’adopter un nouveau discours vis-à-vis de leurs donateurs. Qu’est-ce que cela signifie pour les organismes qui cherchent à attirer les jeunes?

Dans ce billet, nous mettons en lumière des études de tendances sur les jeunes et les dons et nous entretenons avec Holly McLellan, directrice de la programmation internationale de la Youth and Philanthropy Initiative (YPI), un organisme qui cherche le dialogue avec les jeunes pour discuter de philanthropie et des contributions importantes des organismes caritatifs.

Ce que nous savons sur les jeunes et leur façon de donner

Il est généralement reconnu que les montants donnés aux œuvres caritatives tendent à augmenter avec l’âge des donateurs. Toutefois, les jeunes ne semblent pas remplacer les donateurs plus âgés; en fait, ils donnent moins que les générations précédentes. Ce constat s’explique en partie par les barrières financières auxquelles les jeunes se heurtent. Ainsi, des recherches menées dans le cadre de la campagne Generation Squeeze démontrent que le gouvernement alloue une partie disproportionnelle de ses dépenses à des dossiers qui concernent les aînés, tandis que les générations suivantes vivent sous la pression de facteurs extérieurs tels les prix de maisons en hausse, des dettes d’études élevées et des salaires modestes. Or, pour les jeunes, le concept de donner a changé : ils contribuent au bien collectif en faisant du bénévolat, en participant à des collectes de fonds, en faisant la promotion d’une cause et en la partageant en ligne ou par des initiatives qui vont au-delà des activités traditionnelles des organismes.

Il est de plus en plus évident que les jeunes rejettent les formes de dons institutionnalisées, p. ex. par l’intermédiaire des organismes de bienfaisance et sans but lucratif. Dans leur ouvrage The Networked Nonprofit, les auteurs Kanter et Fines expliquent comment l’idéalisme combiné à une aisance totale dans la manipulation des médias sociaux fait des jeunes de la génération Y des passionnés de la cause sans que cette passion s’étende nécessairement aux organismes caritatifs et sans but lucratif. Leur attachement à des institutions est moins fort comparativement aux générations précédentes et bien qu’ils soient plus susceptibles de rester loyaux à une cause en particulier, les chances sont qu’il en va tout autrement pour leur appui à un organisme. Urbain et al. (2013) observent que les membres de la génération Y (nés entre 1979 et 1991) s’expriment par des pratiques qui s’apparentent davantage au partage qu’au don, et les recherches du Millennial Impact Project permettent de conclure que plutôt que les institutions, les Millennials (nés entre 1980 et 2000) appuient les causes et se mobilisent pour celles-ci.

À première vue, ces constats peuvent donner l’impression qu’il est difficile pour les organismes d’encourager les jeunes à s’engager dans leur travail; or, ce n’est pas nécessairement le cas. Les jeunes sont plus susceptibles de donner à des organismes qui les inspirent et qui font appel à leurs champs d’intérêt, ce qui offre aux organismes l’occasion d’agir à titre de transmetteur d’une cause. Ainsi, de l’avis de Holly McLellan de la YPI, le fait que les jeunes se reconnaissent davantage dans les causes que des institutions représente une réelle possibilité. « La manière de donner selon laquelle “On paie et on passe à autre chose” constitue certes une source de financement assez fiable et généreuse; or, il faut que les gens remettent en question les attitudes et comportements ayant contribué à accroître les inégalités. Les jeunes qui appuient votre cause, mais ne disposent pas encore de moyens pour le faire financièrement, peuvent s’imprégner de votre mission et contribuer à la faire avancer d’une manière qui, à long terme, s’avèrera peut-être plus avantageuse stratégiquement. » Elle ajoute que tout le monde bénéficie du secteur caritatif et dépend de son dynamisme. Des projets comme la YPI permettent aux jeunes de connaître les services importants offerts par les organismes caritatifs communautaires et de faire leurs propres expériences avec le secteur.

La Youth and Philanthropy Initiative

La YPI amène les élèves de niveau secondaire à discuter de philanthropie à un moment crucial de leur parcours alors que beaucoup d’entre eux doivent donner un certain nombre d’heures de bénévolat pour répondre aux exigences scolaires. Holly décrit l’effet de la YPI dans ce contexte. « Chaque année, des dizaines de milliers de jeunes apprennent à faire preuve d’empathie envers les personnes vulnérables et comprennent mieux la différence significative que les organismes de bienfaisance peuvent faire grâce à l’argent (notamment les subventions de 5 000 $ fournies par nos partenaires). Nos évaluations démontrent que le fait d’entrer en contact avec la réalité des organismes caritatifs locaux dans un domaine de leur choix encourage les jeunes à poursuivre leur engagement, p. ex. par les occasions de développement individuel ou de développement des compétences, la mobilisation communautaire, la collecte de fonds ou le bénévolat. » En apprenant sur le travail des organismes de bienfaisance et les sources de financement à leur disposition, les jeunes sont en mesure de mieux comprendre l’importance du financement et du respect pour le travail accompli par ces organismes. Le succès de la YPI témoigne de l’importance de la participation directe des jeunes dans les organismes communautaires.

Comment faire participer les jeunes d’une manière qui les interpelle?

Aux organismes qui cherchent à accroître la participation des jeunes, Holly McLellan conseille de mettre en lumière non seulement leur travail immédiat, mais aussi leur impact plus large et à long terme dans des questions d’ordre social. « Aidez-les à se sentir investis comme une partie de la solution à long terme tout en encourageant et en reconnaissant leurs gestes positifs maintenant… Les organismes subventionnaires et conseils d’administration devraient faire preuve de leadership en aidant les organismes caritatifs à établir des liens importants avec les jeunes dans la vraie vie, non seulement parce que c’est une bonne chose à faire, mais parce qu’il s’agirait d’un investissement stratégique dans leurs efforts à obtenir des résultats, à interagir avec la collectivité et à préparer la relève. »

Les jeunes préféreront peut-être poser de petits gestes avant de s’investir pleinement dans une cause. Les résultats du Millennial Impact Project démontrent que « lorsqu’ils se sentent inspirés, les Millennials passent rapidement à l’action, que ce soit en faisant de petits dons ou en offrant des services bénévoles ponctuels, à condition que les occasions se présentent et les barrières à l’entrée sont faibles. » Il faut reconnaître que l’engagement peut prendre diverses formes et offrir des possibilités facilement accessibles à court terme. En même temps, assurez-vous d’offrir des occasions d’engagement à long terme en accordant aux jeunes des tâches bénévoles importantes et des rôles de premier plan. Ce faisant, non seulement allez-vous former des défenseurs de votre cause, mais également élargir votre bassin de donateurs. Les personnes qui font du bénévolat donnent davantage, entre autres parce qu’elles sont sollicitées plus souvent et se sentent contraintes de donner.

L’ouverture et la transparence sont les valeurs clés pour réussir à mobiliser les jeunes, voire tous les membres de la collectivité. Voilà un constat qui peut faire peur à bon nombre d’organismes non habitués à autant d’ouverture; or, c’est à ce que les jeunes donateurs s’attendent lorsqu’ils appuient une cause et s’engagent pour elle. Les outils de communication virtuelle comme les courriels, les blogues, Facebook et Twitter rendent la communication bidirectionnelle entre des personnes ou entre des personnes et des organismes plus facile que jamais. Ce sont là des moyens simples, rapides et abordables pour créer un lien de confiance et de l’affinité avec votre cause. Kanter et Fine décrivent les « organismes sans but lucratif travaillant en réseau » (networked nonprofits) comme des organismes qui ne craignent pas perdre le contrôle de leurs programmes et services ou de leurs marque et message. Ils savent qu’« en retour, ils profiteront de la bonne volonté et de la passion de nombreuses personnes travaillant pour leur cause. » Ça vaut la peine de réfléchir à ces mots, puisque c’est avec ce type d’organismes que les jeunes souhaitent s’engager.

Alors, où sont-ils, les modèles en matière de dons?

Les jeunes ont plusieurs possibilités d’apprendre à donner, que ce soit à l’école, à l’aide de leurs pairs ou dans leur communauté. Nous sommes entourés de modèles en matière de dons, toutes formes confondues, et les organismes de bienfaisance et sans but lucratif ont eux-mêmes la chance inouïe d’encourager les jeunes directement à participer au travail crucial qu’ils accomplissent en faisant une différence sur des questions fondamentales. Les modèles en matière de dons, ce sont, comme dans le cas de la YPI, les centaines de professionnels dévoués du secteur caritatif, qui, chaque année, prennent le temps de s’engager auprès des jeunes de leur collectivité.

Outre la question à savoir qui apprendra à nos jeunes à donner, nous pouvons aussi nous demander ce que nous pouvons apprendre de nos jeunes. Holly raconte comment les élèves participant à la YPI renseignent leurs parents sur les organismes de bienfaisance dans leur collectivité. « Les parents sont vraiment touchés par ce que les jeunes découvrent, » et parfois, ils deviennent plus actifs dans leur collectivité. Il est évident que les organismes de bienfaisance et sans but lucratif ne peuvent se permettre de sous-estimer la capacité des jeunes à donner, que ce soit sur le plan de l’activisme, du temps ou de l’argent. Les jeunes qui s’investissent dans votre cause peuvent faire avancer votre mission de manière stratégique, dont la valeur dépasse celle d’un simple chèque.

 

La Youth Philanthropy Initiative (YPI) est un projet inclusif et primé à maintes reprises, déployé dans des écoles secondaires afin d’appuyer le secteur communautaire en encourageant les jeunes à s’engager pour des enjeux locaux, dans les organismes caritatifs et les collectes de fonds. Pour obtenir plus de renseignements à propos de la YPI, visitez http://www.goypi.org/.

Le projet sur la philanthropie individuelle d’Imagine Canada vise à conscientiser les Canadiens à leur comportement comme donateurs. D’abord considérée comme un moyen pour stimuler les dons pécuniaires parmi les personnes nanties, cette initiative a aussi le potentiel de créer des balises en matière de dons pour les Canadiens qui ont les moyens de faire des contributions philanthropiques importantes. Pour plus d’information, veuillez contacter Michèle Benoit, gestionnaire, projet en philanthropie individuelle.
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