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​Le secteur en action : l'établissement des réfugiés au Canada

Mardi, 9 Février, 2016
étude de cas
Immigration
Nouvelles sur le secteur

La crise des réfugiés syriens a atteint la conscience publique l’été dernier et a provoqué un cri de cœur de la population. Le gouvernement du Canada a mis en place une initiative d’accueil accéléré des réfugiés syriens et en quelques semaines, le compte à rebours pour l’accueil et l’établissement de milliers de réfugiés syriens était commencé.

Les organismes de bienfaisance et sans but lucratif travaillent en première ligne de cette réponse collective, aux côtés des gouvernements et du secteur privé. Les organismes d’accueil et d’établissement des nouveaux arrivants mènent les efforts, appuyés par leurs confrères d’autres sous-secteurs. Imagine Canada s’est entretenu avec quatre dirigeants du secteur pour apprendre plus sur leur participation au mouvement d’aide pour les réfugiés syriens et leur a demandé comment le secteur devrait s’y prendre pour continuer à soutenir ce travail dans les mois à venir.

Organismes d’établissement des nouveaux arrivants : service de première ligne

La rapidité avec laquelle les services d’établissement des nouveaux arrivants ont été en mesure de répondre au plus important plan d’établissement de réfugiés depuis 1980 a mis en lumière leur complexité et l’étendue de leur réseau. D’après Debbie Douglas, directrice générale de l’Ontario Council of Agencies Serving Immigrants, la complexité de ces services est bien connue à l’intérieur du secteur, mais a été mise au grand jour par la situation actuelle. Il reste que le nombre énorme d’arrivées dans un court laps de temps met au défi certains organismes alors qu’ils mettent les bouchées doubles pour répondre à la demande accrue de services.

Les organismes d’établissements des nouveaux arrivants offrent des services intégrés qu’ils sont en mesure d’adapter aux besoins individuels de leur clientèle. Queenie Choo, présidente-directrice générale de S.U.C.C.E.S.S., un organisme offrant divers services dans la région du Lower Mainland en Colombie-Britannique, explique que les besoins des réfugiés peuvent varier en fonction du programme d’accueil par lequel ils arrivent au Canada. Elle donne l’exemple des réfugiés issus du programme de parrainage privé dont l’expérience d’établissement dépend beaucoup du signataire de l’entente de parrainage et de ses liens et connaissances, vastes ou limités, par rapport à la communauté d’accueil et des ressources existantes. Les organismes comme S.U.C.C.E.S.S. jouent le rôle de courtier culturel en empêchant les nouveaux arrivants de passer dans les mailles du système et en les dirigeant vers les services d’aide favorisant leur indépendance et leur intégration dans la collectivité.

Ratna Omidvar, présidente de Lifeline Syria souligne que le secteur de la bienfaisance et sans but lucratif se trouve dans une position idéale pour offrir son soutien, compte tenu de ses expériences antérieures concluantes dans l’accueil de réfugiés. Ainsi, le secteur contribue à satisfaire plusieurs besoins de base comme l’alimentation, l’habillement, le logement, le transport, le soutien linguistique et les soins de santé, mais il joue également un rôle central en ce qui concerne l’aide juridique, l’engagement communautaire et la recherche d’emplois. Bien que les organismes d’établissement des nouveaux arrivants soient aux premières loges de la réponse à la présente situation, les organismes dans d’autres sous-secteurs font des contributions considérables. Pour répondre à la demande actuelle, il faut collaborer, estime Queenie Choo. « Un organisme ne peut tout faire. » La collaboration représente un ingrédient clé pour garantir que le nouvel arrivant bénéficie d’un appui à long terme.

De la nécessité de collaborer


Credit photo : S.U.C.C.E.S.S.

Les organismes unissent leurs forces et forgent des collaborations intersectorielles pour mieux répondre à la crise des réfugiés syriens. Le Fonds d’accueil des réfugiés syriens, une initiative lancée par la Financière Manuvie et Fondations communautaires du Canada, est un exemple d’une telle collaboration intersectorielle qui s’appuie sur les forces respectives des partenaires. Le Fonds servira à soutenir des stratégies déployées à l’échelle locale partout au Canada dans le but d’entreprendre et de renforcer des efforts pour faciliter la recherche de logement et l’établissement des réfugiés syriens, le tout en partenariat avec le réseau de 191 fondations communautaires et des organismes phares. Ian Bird, président de Fondations communautaires du Canada explique : « En tant que fondations communautaires, nous ne sommes pas des experts de la question de l’établissement. Cependant, nous sommes des experts et des leaders en ce qui concerne les collectivités canadiennes, ce qui fait de nous des partenaires bien placés pour travailler avec des organismes d’expérience afin d’aider à diriger les contributions faites au Fonds d’accueil là où les besoins sont les plus grands. » Debbie Douglas souligne que la rapidité de la réponse à la situation exceptionnelle a forcé les différents ordres gouvernementaux et les secteurs privé et sans but lucratif à collaborer d’une manière presqu’inimaginable dans d’autres circonstances.

Des organisations offrant des services habituels à la population ajustent leurs façons de faire à la réalité des nouveaux arrivants. Debbie Douglas nomme l’exemple de certaines institutions qui, sur une base continue, offrent leurs services à l’intérieur de la structure d’un organisme d’établissement. Ils souhaitent ainsi réduire le nombre de barrières qui pourraient nuire à un appui efficace en évitant au réfugié d’avoir à répéter son histoire chaque fois qu’il rencontre un nouveau service. Il s’agit là d’un aspect crucial, surtout chez des personnes ayant vécu des traumatismes et d’autres défis importants. Toujours selon Debbie Douglas, les programmes d’aide, en raison de leur situation géographique ou de leur organisation interne, renvoient souvent à leur structure de financement. Or, les usagers de ces programmes devraient pouvoir utiliser les services sans savoir qui paie quoi.

À tous les organismes qui souhaitent créer de nouveaux programmes d’aide pour les réfugiés syriens ou d’autres nouveaux arrivants, Queenie Choo conseille d’abord de bien évaluer les ressources communautaires existantes pour connaître les services manquants et éviter de reproduire d’autres services déjà existants. Ratna Omidvar suggère de commencer par consulter le répertoire des organismes d’établissement des nouveaux arrivants par province et territoire mis en ligne par le ministère de l’Immigration, des réfugiés et de la citoyenneté. Ian Bird ajoute que « beaucoup d’organismes font un travail incroyable dans le domaine de l’établissement des réfugiés, et c’est vers leur expertise et leur leadership que nous nous tournons dans cette question afin de les aider de la meilleure façon possible. » Le secteur de l’établissement des nouveaux arrivants est très bien organisé et les organismes peuvent faire appel à ces spécialistes.

L’importance du soutien à long terme

La très grande majorité des Canadiens soutient les efforts d’accueil et d’établissement des réfugiés syriens; or, cet immense appui ne peut masquer d’autres enjeux peu souvent mentionnés. Selon Debbie Douglas, bien qu’il existe un réel élan d’aide dans la population, nous ne pouvons ignorer la face cachée de la société. « Nous devons tourner notre attention vers les éléments peu accueillants dans notre société afin de les empêcher de se répandre. » D’où la nécessité de parler de xénophobie et d’islamophobie et de les combattre dans notre collectivité, mais aussi de reconnaître que dans notre réponse aux crises de réfugiés, nous faisons certains choix. Il est important d’évaluer l’influence de ces aspects sur l’appui que reçoivent les organismes d’établissement des nouveaux arrivants, lorsque ces derniers continueront à venir en aide aux réfugiés au cours des mois et années à venir.

Il revient à chacun d’entre nous de faire connaître nos contributions importantes aux autres membres de la collectivité, quel que soit le chemin parcouru pour arriver dans ce pays. Dans les mots de Ratna Omidvar : « Il y a une constante, et c’est que les réfugiés arrivés au Canada réussissent à long terme. Ils bénéficient de l’accueil que nous leur offrons, tout comme nous bénéficions de leurs compétences et de leur ambition. Ils deviennent une partie de notre tissu social et leurs enfants s’épanouiront. » Des organismes très différents des uns des autres jouent un rôle dans le soutien des nouveaux arrivants dans nos collectivités, qu’ils travaillent à maintenir ou à adapter des services existants ou à créer de nouveaux programmes pour répondre à des besoins émergents. En tant que société et membres de la collectivité, nous pouvons profiter de cet élan et améliorer les services offerts aux nouveaux arrivants actuels et futurs.

Fondations communautaires du Canada est le réseau national des 191 fondations communautaires canadiennes.

Lifeline Syria cherche, renseigne et aide des groupes de parrainage privé, tout en souhaitant aider 1 000 réfugiés syriens à s’établir dans la grande région de Toronto au cours des deux prochaines années.

L’Ontario Council of Agencies Serving Immigrants agit à titre de voix collective d’organismes offrant des services aux immigrants et pour coordonner les réponses à des besoins et problèmes communs.

S.U.C.C.E.S.S. est une agence multiculturelle et multiservice qui offre du soutien aux gens à différentes étapes de leur expérience canadienne.

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