6 conseils pour réussir la défense de vos intérêts

Mardi, 23 Février, 2016
Politiques publiques
Relations gouvernementales
Bernadette Johnson & Bill Schaper

L’arrivée d’un nouveau gouvernement fédéral ouvre la porte à toutes sortes de possibilités. Nous savons que l’actuel gouvernement a pris des engagements dans des dossiers qui concernent notre secteur, comme les restrictions imposées aux activités politiques et de défense des intérêts des organismes de bienfaisance, la finance et l’innovation sociales, voire le cadre légal et règlementaire qui régit nos activités quotidiennes.

Pendant nos rencontres avec des membres du cabinet, des députés et le personnel politique, il est devenu évident que la prise de décision se fera désormais d’une autre manière. Cette nouvelle façon de faire mettra sous pression notre secteur en même temps que de lui offrir de réelles occasions. Parfois, nous avons entendu que ce gouvernement aspire à un nouveau partenariat avec les organismes de bienfaisance et sans but lucratif. Il s’agirait d’un partenariat dans lequel notre secteur propose des solutions politiques autant de manière informelle qu’en participant à des structures formelles comme des comités consultatifs.

Nos employés et bénévoles témoignent directement des effets qu’ont les politiques, bonnes et mauvaises, dans la collectivité, et nos efforts visent à faire avancer des dossiers politiques qui touchent l’ensemble du secteur. Souvent, nous sommes les premiers à sonner l’alarme quand il est question de problèmes émergents et urgents dans notre société. Sans le travail de notre secteur, des enjeux comme conduire avec des facultés affaiblies, fumer en milieu de travail et les pluies acides, pour ne nommer que ceux-là, ne seraient pas rendus au même stade qu’ils ne le sont aujourd’hui.

Nous sommes conscients que les priorités ne manquent pas dans votre travail et que l’aspect politique ne constitue qu’un élément de votre description de poste. En même temps, savoir faire du travail politique de manière efficace peut changer la donne pour faire avancer votre mission ou votre cause. Sachant cela, nous avons préparé quelques conseils pour vous aider.

#6 Connaissez les limites de votre engagement

Interagir directement avec des politiciens et des fonctionnaires n’est PAS considéré comme une activité politique, alors, n’hésitez pas à communiquer avec votre député pour apprendre à le connaître. Là où il faut faire attention, c’est lorsque vous décidez de lancer une campagne de mobilisation pour faire pression sur le gouvernement. Une telle campagne peut être considérée comme une activité politique et par conséquent, vous devez faire le suivi des activités y reliées et les rapporter. Sur son site Web, l’Agence du revenu du Canada offre des directives à ce sujet. Aussi, si vous passez beaucoup de temps dans des réunions privées avec des politiciens (des rencontres entre vous et le personnel politique d’une durée équivalente à environ un jour par semaine), vous devrez peut-être vous inscrire comme lobbyiste.

#5 Priorisez vos ressources

Ce dossier, est-il assez important pour mettre de côté d’autres questions et investir votre temps et votre énergie? S’agit-il d’un problème que votre organisme est déterminé à discuter avec le gouvernement fédéral? Est-ce que d’autres organismes travaillent sur ce même dossier? Si tel est le cas, et si vos objectifs concordent, il pourrait s’avérer utile de canaliser vos efforts moyennant des réseaux et coalitions existants ou ad hoc. Bref, si vous voulez vraiment faire une différence dans le monde politique, vous devez y consacrer les ressources nécessaires.

#4 N’ayez pas peur des fonctionnaires et politiciens

Nombreux sont ceux parmi eux qui (a) sont là pour les bonnes raisons et (b) cherchent à se distinguer. Ce n’est pas parce que votre député fait partie de l’opposition que vous ne pouvez faire bouger les choses. Derrière les portes closes, les gens des différents partis entretiennent souvent des relations étroites, et un membre de l’opposition peut se faire entendre.

D’ailleurs, nul besoin d’attendre une raison concrète avant de communiquer avec un représentant du gouvernement. Invitez votre député à des collectes de fonds, des BBQ ou des événements communautaires. Habituellement, ils se font un plaisir d’y participer.

Soigner vos relations, c’est primordial. Si les gens du milieu politique vous connaissent et vous font confiance, il y a beaucoup plus de chances qu’ils soient ouverts à recevoir vos demandes spécifiques, le moment venu.

#3 Appuyez votre demande avec des faits

Assemblez des preuves à l’appui du besoin dont il est question et des travaux de recherche qui démontrent comment votre demande permettra de résoudre le problème de façon efficace. Encore mieux, justifiez votre solution par une demande existante, c’est-à-dire montrez que le public s’intéresse au dossier ou à votre requête et l’appuie.

Vous devez établir votre crédibilité pour réussir. Si vous voulez garder la confiance du gouvernement, montrez que vous avez fait vos devoirs.

#2 Ajustez votre demande au discours gouvernemental

Quel est le programme politique du gouvernement? Quel langage utilise-t-il? (Vous seriez surpris d’apprendre à quel point le choix des mots pour décrire votre enjeu influence l’intérêt qu’il peut susciter auprès des différents partis!) Comment votre dossier cadre-t-il avec la politique générale du gouvernement? Est-il attrayant pour ses électeurs? Est-il placé dans un contexte délicat d’un point de vue politique? Enfin, est-ce que le moment est bien choisi compte tenu de ce qui se passe dans la société, de l’attention médiatique et du cycle budgétaire du gouvernement?

Si vous réussissez à présenter votre dossier d’une manière où tout le monde est gagnant, il sera plus facile pour les représentants du gouvernement d’y adhérer.

#1 Présentez des solutions, pas seulement le problème

Préparez une demande précise, c’est-à-dire une solution d’ordre politique proposée en réponse au problème que vous voulez soulever. Alors que vous élaborez votre demande, demandez-vous dans quelle mesure votre proposition pourra réellement résoudre le problème. En d’autres mots, quelle est la portée de votre proposition? Vaut-elle le temps, l’effort et les ressources que votre organisme ou votre coalition devra investir pour la mener à bien?

N’oubliez jamais : lorsqu’un politicien vous demande « Et que voulez-vous que je fasse à ce sujet? », soyez préparé à lui présenter une idée qu’il pourra faire sienne!

Surtout, et nous terminerons là-dessus, ne vous laissez pas impressionner! Il n’y a pas de secret à parler aux représentants du gouvernement. Ils sont des gens comme vous et nous, et ils font vraiment de leur mieux pour rendre notre pays meilleur. N’ayez peur de faire des erreurs, tirez des leçons et discutez-en avec d’autres. Restez vous-même, soyez ouvert et n’hésitez pas à prendre des risques. Vous serez surpris par les résultats que vous pourrez obtenir!

 

About the Authors

Bernadette Johnson

Bernadette Johnson est titulaire d’une maîtrise ès arts en études des conflits et d’une maîtrise en philanthropie et leadership dans le secteur sans but lucratif. Elle a fait ses premières armes dans le milieu de la recherche en histoire des peuples indigènes et a travaillé récemment à titre de coordonnatrice de la recherche pour la Commission de vérité et de réconciliation du Canada. Actuellement, elle s’investit, à temps perdu, dans le développement d’une entreprise sociale et mène des recherches sur le marché des investissements à impact social.

Bill Schaper

Bill Schaper est directeur des politiques publiques au bureau d’Ottawa d’Imagine Canada. Auparavant, il a été attaché politique sur la colline du Parlement, conseiller principal en politique auprès d’un ministre du cabinet fédéral, analyste de politiques et professionnel des relations avec les gouvernements auprès des universités, consultant indépendant en matière de politiques, et spécialiste des communications auprès du vérificateur général du Royaume-Uni.

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