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Appel à l’action : l'emploi des jeunes

Mardi, 21 Mars, 2017
Auteur invité
Politiques publiques
Ressources humaines
Collaboration

Cet article est le fruit de la réflexion conjointe de Rachel Gouin, Repaires jeunesse du Canada, de Joelle Lewis, Grands Frères Grandes Sœurs du Canada, de Jesse Clarke, Passeport pour ma réussite, de Bernadette Johnson, Imagine Canada et de Justin Ho, président du groupe de travail sur l’emploi des jeunes dans le secteur de la bienfaisance et sans but lucratif.

C’est un fait bien reconnu que les jeunes d’aujourd’hui font face à plusieurs barrières qui compliquent leur entrée sur le marché du travail. Non seulement peinent-ils à décrocher un emploi stable, mais les Canadiens de 35 ans et moins sont également confrontés à des difficultés sans précédent, notamment des droits de scolarité élevés, un taux d’endettement important et la stagnation des salaires. Selon les données à notre disposition, il s’agirait d’une situation propre à la cohorte actuelle plutôt que de défis récurrents qui guettent chaque génération de ce groupe d’âge à la recherche d’un premier emploi.

L’emploi des jeunes représente aussi un sujet d’importance pour le secteur sans but lucratif. Nous sommes des employeurs d’envergure, et la réalisation de notre mission, tant aujourd’hui que demain, est tributaire de notre capacité à attirer et à retenir les jeunes travailleurs, et de leur permettre de se développer. Qui plus est, les problèmes sociétaux qui découlent de la situation actuelle sont préoccupants et doivent interpeller les dirigeants dans notre secteur.

Préparer la main-d’œuvre de demain

Le succès actuel et futur de nos organisations est étroitement lié à l’emploi des jeunes. Notre capacité de pouvoir des postes clés, de direction ou autre, dépend de gens prêts à bâtir les compétences et expériences requises dans le secteur sans but lucratif. Nous avons également besoin de jeunes travailleurs pour accomplir efficacement notre travail actuel. Les études démontrent bien qu’en investissant adéquatement dans nos effectifs, nous contribuons à l’accomplissement de notre mission.

Des conséquences considérables

Plutôt que de voir chaque processus d’embauche pour un poste d’entrée comme une occasion à part pour poursuivre notre mission, cette problématique doit nous amener à adopter une perspective plus large selon laquelle les jeunes travailleurs sont des personnes avec un potentiel à développer, dignes de notre soutien et de notre investissement. Nous sommes des employeurs, mais nous sommes aussi des organisations de la société civile, et à ce titre, nous avons l’obligation de contribuer à contrer les problèmes structuraux qui sous-tendent le fort chômage.

La recherche nous apprend que les étudiants peinent à trouver des emplois d’été (CCPA, 2014), qu’un diplômé de premier cycle sur trois fait un travail en deçà de ses qualifications (CFC, 2012) et que le temps de transition entre les études et le parcours professionnel s’allonge. Ces constats sont étroitement associés à la santé générale de l’économie (TD, 2014) et, en fin de compte, aux futurs revenus du gouvernement. De plus, les personnes de 35 ans et moins constituent la majorité des familles avec de jeunes enfants. Alors que ces personnes sont contraintes de reporter à plus tard leur carrière professionnelle et d’organiser leur vie avec de faibles revenus, nous ne pouvons passer sous silence les conséquences à long terme de cette situation sur notre capacité à réduire la pauvreté enfantine au Canada.

Autrement dit, les jeunes travailleurs se heurtent à des obstacles spécifiques à notre secteur, et ces obstacles présentent un problème complexe dont les conséquences nous affectent tous. Il est donc impératif que nous travaillions ensemble à trouver des solutions.

  • 1.  Informez-vous

    Dans un premier temps, informez-vous sur ce que les jeunes travailleurs eux-mêmes ont à dire et les solutions qu’ils proposent (p. ex. dans ce billet de blogue et l’article subséquent). En effet, on discute de plus en plus des barrières aux emplois permanents à temps plein dans le secteur.

  • 2.  Amenez votre organisation à faire mieux

    Plus que jamais, les organisations comprennent ce qu’ils peuvent faire pour améliorer leurs pratiques dans certains domaines clés.

    Alors, comment fait-on pour « faire mieux »? Les participants à une discussion organisée par Repaires jeunesse du Canada et Imagine Canada l’an dernier ont proposé les idées suivantes :

    • offrir de la formation aux jeunes employés temporaires ou à temps partiel pour qu’ils puissent acquérir les compétences nécessaires à l’obtention d’un emploi permanent;
    • faire tout ce qui est possible pour offrir des emplois permanents (cela nécessite d’abord une prise de conscience des contraintes personnelles et financières résultant du travail à contrat);
    • favoriser la diversité de la main-d’œuvre (le chômage des jeunes affecte surtout les immigrants et les femmes);
    • choisir des projets spécifiques pour donner aux jeunes employés l’occasion d’exercer du leadership tout en leur offrant des conseils et du mentorat;
    • s’assurer que les jeunes reçoivent un salaire adéquat pour le travail qu’ils accomplissent, ou, dans le cas d’un stage d’études, que les objectifs d’apprentissage sont clairement établis;
    • offrir de l’information juste et réaliste sur ce que les organismes caritatifs peuvent offrir aux jeunes travailleurs.

    La rémunération demeure le nerf de la guerre pour les employeurs du secteur sans but lucratif, mais de nombreuses autres possibilités s’offrent à eux pour aborder les défis liés à l’emploi. Cependant, les organismes ne pourront à eux seuls régler tous les problèmes. Il nous faudra plutôt un DOUBLE effort pour générer des changements à l’échelle organisationnelle ET créer des politiques publiques qui tiennent compte des besoins uniques du secteur.

    À la lumière de ces connaissances, travaillons ensemble afin de…

  • 3.  Militer pour des programmes d’emploi pour les jeunes adaptés à notre secteur

    La bonne nouvelle, c’est que le gouvernement fédéral a fait de l’emploi des jeunes un dossier prioritaire et prépare des gestes concrets. Ainsi, la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et du Travail a reçu le mandat de voir à la fois à améliorer l’accès à des programmes de formation professionnelle de qualité pour les travailleurs et à offrir des emplois de qualité aux jeunes travailleurs. Le gouvernement penche également sur son Programme d’innovation pour, entre autres, répondre au besoin de mieux préparer les gens à un marché du travail qui mise de plus en plus sur les compétences numériques.

    Plusieurs programmes fédéraux visent à encourager la formation et l’embauche de jeunes travailleurs :

    Le gouvernement a débloqué de nouveaux fonds qu’il investira dans les collectivités d’un bout à l’autre du pays, mais d’autres changements doivent suivre. Ainsi, certains programmes mettent trop d’accent sur le nombre de jeunes embauchés plutôt que sur la durée du programme ou la qualité de l’expérience des jeunes. L’accès aux programmes peut également être amélioré, puisqu’il est souvent limité aux étudiants qui prévoient retourner aux études à temps plein. Le programme Emploi d’été Canada, pour ne nommer que cet exemple, pourrait s’étendre aux étudiants à temps partiel, aux nouveaux diplômés et, pourquoi pas, aux jeunes qui ont quitté l’école pour de bon.

Le moment de changement est venu

Considérant l’attention publique grandissante dont bénéficie cet enjeu et l’urgence pour le secteur d’attirer et de retenir de jeunes cerveaux, nous devons passer à l’action dès maintenant.

Pour ce faire, pourquoi ne pas inclure l’emploi des jeunes dans vos efforts de plaidoyer auprès du gouvernement fédéral? Parlez ou écrivez à votre député(e) à propos des programmes pour l’emploi des jeunes et de vos besoins comme organisme de bienfaisance. Si vous êtes à faire vos premières armes dans le travail de plaidoyer, consultez d’abord notre aperçu à ce sujet. Imagine Canada a mis sur pied un groupe de travail qui s’occupe de ce dossier, et nous vous invitons à communiquer avec nous pour faire part de vos expériences avec les programmes fédéraux actuels et de vos idées pour les rendre plus adaptés à vos besoins.

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