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Approvisionnement social : un mouvement pour accroître les revenus et l’impact du secteur

Lundi, 11 Septembre, 2017
Auteur invité
Politiques publiques
David LePage

« Nous savons que le vent s’apprête à changer lorsque les leaders de l’industrie comme Mitchell Cohen, président de Daniels Corporation, encouragent le secteur privé à “monter à bord du train de l’approvisionnement social”. » (Globe & Mail, 14 juin 2017) [traduction libre]

Toute entreprise doit continuellement chercher de nouvelles opportunités de marché pour rester en affaire. Dans le cas des entreprises à vocation sociale1, une augmentation des ventes ne se traduit pas seulement par une augmentation des revenus et du profit, mais une hausse des revenus permet également de créer un plus grand impact social!

L’approvisionnement social (ou l’achat social) consiste à acquérir des contrats pour des biens ou services auprès d’une entreprise à vocation sociale avec l’intention de créer un impact social positif, p.ex. la création d’emplois pour des communautés historiquement marginalisées ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Autrement dit, il consiste à exploiter les fonds investis par les gouvernements, entreprises privées ou organismes sans but lucratif (OSBL) dans l’achat de contrats pour promouvoir le bien commun. C’est une pratique extrêmement importante en vue de développer de nouvelles opportunités de marché pour les entreprises à vocation sociale2

L’approvisionnement social est en train de devenir un outil permettant aux gouvernements, au secteur privé, aux différents établissements et aux OSBL d’instrumentaliser leurs achats pour obtenir des résultats à valeur ajoutée. Au lieu de voir leur approvisionnement comme de simples transactions commerciales effectuées dans le but d’obtenir le meilleur prix, ils le considèrent comme une activité à valeur sociale.

Tout en ayant recours aux structures et outils d’approvisionnement existants, nous sommes en mesure de nous attaquer à des enjeux comme la pauvreté, les problèmes de logement, l’emploi pour des groupes de personnes ciblées et l’isolation sociale. L’approvisionnement social donne des résultats directs en ce qu’il permet à des personnes en difficulté d’obtenir un travail dans une entreprise à vocation sociale comme EMBERS à Vancouver et Build à Halifax, ou les entreprises associées au Toronto Enterprise Fund et au DASC à Halifax.

L’achat social n’infirme aucunement la nécessité d’offrir un prix compétitif et des services et produits de qualité, le tout dans un souci de préservation environnementale; il vient plutôt ajouter une nouvelle perspective aux décisions d’achat. Il ne s’agit pas, non plus, d’un remède miracle à tous les maux sociaux et économiques de notre pays, mais d’un outil supplémentaire pour supporter nos efforts de bâtir des collectivités en santé.

Des programmes à l’échelle nationale pour renforcer le marché du bien social

L’arène politique actuelle grouille d’initiatives gouvernementales avec des règlements municipaux, des stratégies provinciales et des mandats ministériels et projets de loi fédéraux. Plusieurs éléments influencent ce virage vers l’approvisionnement social. Au fédéral, la lettre de mandat adressée à la ministre de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) fait explicitement mention de la valeur sociale comme un des objectifs de la modernisation du processus d’approvisionnement du gouvernement. Sur le plan législatif, le projet de loi C-344, qui permettrait à SPAC d’ajouter la valeur sociale comme critère de sélection aux projets fédéraux d’investissement en infrastructure, a de bonnes chances d’être adoptée, possiblement cet automne (consultez le Bulletin d’alerte du 10 avril 2017 pour apprendre plus sur ce projet de loi).

Du côté des provinces, la Colombie-Britannique a émis des lignes directrices pour l’achat social et l’Ontario, le Manitoba, le Québec et la Nouvelle-Écosse ont intégré des critères à ce sujet dans leurs stratégies portant sur l’économie sociale et les entreprises à vocation sociale. Enfin, les municipalités ne sont pas en reste. Victoria, Cumberland, Vancouver, Fort McMurray, Toronto et Montréal, pour ne nommer que celles-là, ont adopté des règlements en la matière. Vancouver et Toronto, en particulier, ont mis en place des ententes sur les retombées locales (anglais) pour s’assurer que les grands projets de développement et d’infrastructure incluent toujours une valeur ajoutée pour la collectivité.

L’évolution et l’intégration rapides de l’approvisionnement social dans tous les ordres de gouvernement se répercutent inévitablement et directement sur les décisions prises par rapport à la chaîne logistique alimentée par le secteur privé. Des établissements d’envergure, notamment des universités et collèges, dont l’Université de Winnipeg, l’Université Concordia et l’Université de la Colombie-Britannique, prennent conscience des possibilités inhérentes à aligner leurs pratiques d’achat avec leurs objectifs de durabilité et de développement communautaire. 

Un secteur fébrile à la découverte de l’approvisionnement social

D’un point de vue opérationnel, Buy Social Canada (anglais) est le seul organisme national indépendant de certification pour les entreprises à vocation sociale et les acheteurs auprès de ces entreprises. Nous travaillons actuellement à mettre en place, sur notre site Web, un répertoire d’exemples de politiques et de programmes publics ainsi que d’outils pertinents pour l’ensemble du secteur afin de favoriser la croissance et l’expérience des activités d’approvisionnement au sein des OSBL.

C’est dans ce même esprit que nous souhaitons développer un réseau de partenaires et de collaborateurs à l’échelle du pays. En partenariat avec S4ES, nous sommes à dresser un portrait de l’écosystème et de la communauté de praticiens des marchés à valeur sociale et à organiser le Sommet Buy Social Canada à Gatineau les 27 et 28 novembre 2017.

Une communauté de praticiens en entrepreneuriat social

La communauté de praticiens des marchés à valeur sociale s’est formée à la suite de plusieurs discussions informelles sur ce qui se passe dans nos communautés et régions respectives en lien avec l’approvisionnement social. La communauté, coordonnée par Buy Social Canada, est ouverte à toute personne curieuse d’apprendre plus sur les différents programmes et pratiques d’approvisionnement social au pays. Le groupe compte déjà des membres de tous les ordres de gouvernement, des acheteurs du secteur privé, des entreprises-fournisseurs à vocation sociale et des consultants qui partagent leurs expériences et apprennent les uns des autres (communiquez avec nous si vous souhaitez y participer).

Un sommet sur l’achat social

Le Sommet Buy Social Canada réunira pendant une journée quelque 250 acheteurs des secteurs public et privé et des entreprises-fournisseurs à vocation sociale pour discuter des leurs objectifs communs, des défis actuels et des solutions qui contribueront au futur de l’approvisionnement social.

Le programme du Sommet a été conçu pour permettre à l’ensemble des acteurs de connaître différentes façons d’intégrer l’achat social à la règlementation et de faire partager leurs expériences pratiques. Il comprendra plusieurs études de cas sur les rôles respectifs des gouvernements, du secteur privé et des entreprises à vocation sociale et sur les relations entre eux; des séances d’apprentissage animées et des groupes de travail pour explorer les défis et possibilités propres aux acheteurs et aux fournisseurs. Plusieurs membres de la communauté de praticiens seront d’ailleurs présents au Sommet et animeront les discussions d’apprentissage pendant le dîner.

Buy Social Canada3 se réjouit de la popularité croissante du mouvement de l’achat social, car ce dernier représente un moyen pour renforcer la place des entreprises à vocation sociale, et le succès de ces entreprises contribue à la santé de nos collectivités.

À propos de l’auteur

David LePageDavid LePage est associé directeur de Buy Social Canada, associé au Social Enterprise Institute et directeur chez Accelerating Social Impact CCC, Ltd. Il s’implique dans différentes initiatives et projets pour faire progresser l’écosystème de l’entrepreneuriat social au Canada, dont le Conseil des entreprises sociales du Canada et le groupe directeur sur l’innovation sociale et la finance sociale mis en place par Emploi et Développement social Canada.

Nos auteurs invités s’expriment à titre personnel. Leurs opinions ne reflètent pas nécessairement celles d’Imagine Canada.

1. Une entreprise sociale cherche à atteindre des objectifs sociaux, culturels ou environnementaux grâce à la vente de biens et services. L’entreprise sociale peut être à but lucratif ou non lucratif, mais la majorité des bénéfices nets doivent être dirigés vers l’objectif social avec une distribution limitée aux actionnaires et aux propriétaires. (http://www.ic.gc.ca/eic/site/ccc_bt-rec_ec.nsf/fra/h_00016.html)

2. Note de l’auteur : Bien entendu, l’accroisement de l’approvisionnement social et la réussite des entreprises à vocation sociale n’est pas un outil miracle pour les organismes de notre secteurs et les collectivités que nous servons.  L’entrepreneuriat social n’est pas, non plus, un substitut au soutien gouvernemental ou aux dons de bienfaisance, mais un outil de plus pour générer des revenus et créer un impact social.

3. Buy Social Canada (BSC) a été créé en 2004 avec le financement, entre autres, de S4ES, le projet d’écosystème de l’entreprise sociale. L’organisme est affilié au mouvement international Buy Social fondé par Social Enterprise UK en 2010.

 

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