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Ce qui est mesuré est réalisé

Lundi, 28 Avril, 2014
Commentaires de l’économiste en chef
What Gets Measured

Nous sommes à une époque où la définition et la gestion des résultats sont le sujet de l’heure. Ils sont également des thèmes importants de la décision récente de la Hewlett Foundation de mettre fin au financement alloué aux « groupes qui font de la recherche sur les stratégies philanthropiques qui donnent des résultats mesurables. » (Voir l’article Hewlett Ends Effort to Get Donors to Make Dispassionate Choices on Giving.) Occultés dans le débat concernant la décision de Hewlett, certains principes fondamentaux en cause peuvent finir par disparaître dans la brume.

En tant que commissaire à l’environnement et au développement durable au sein du gouvernement du Canada, j’étais impressionné par la devise de l’auditeur : « Ce qui est mesuré est réalisé. » Il s’agit d’une observation simple mais profonde de la gestion efficace. C’était une explication intéressante de la raison pour laquelle les valeurs environnementales — si importantes pour les Canadiens en général — ont été systématiquement négligées par le gouvernement et dans la prise de décisions dans le secteur privé. Les causes sous-jacentes en étaient la mesure et la gestion; autrement dit, ces valeurs sont souvent intangibles et difficiles à mesurer et à intégrer dans les cadres de gestion.

Mesurer plus, mesurer plus efficacement

Il s’ensuit qu’un des meilleurs moyens d’améliorer son rendement dans ce domaine ne consiste pas à faire des promesses de plus en plus sincères de meilleurs résultats, mais à appliquer le processus difficile et exigeant d’élaboration de mesures plus efficaces de la qualité environnementale. Cela se traduirait par une meilleure gestion et par des décisions qui donneraient les résultats qui sont importants pour les Canadiens. Inversement, les méthodes de mesure insuffisantes ou inefficaces risquent de déboucher sur des stratégies qui soient, au mieux, inefficaces et, au pire, contre-productives. Maintenant que je travaille comme économiste en chef pour le secteur des OSBL du Canada, je trouve que ces idées peuvent s’appliquer à de nombreux programmes sociaux qui ont des objectifs difficiles à mesurer, comme l’équité et la justice.

Dans le secteur public, on accorde de plus en plus d’importance à la définition et à la gestion des résultats. En effet, c’est au sein du gouvernement qu’on réalise certains des meilleurs travaux en ce qui concerne la mesure de résultats et qu’on utilise des approches axées sur les résultats dans le cadre de la conception et du développement d’un large éventail de programmes gouvernementaux. Cette idée sous-tend le mouvement en faveur de la création de partenariats d’investissement social entre le gouvernement, les organismes caritatifs et le secteur privé. Les connaissances en matière de gestion et de paramètres novateurs que peut offrir le secteur privé constituent un important avantage de ce mouvement. C’est une idée qui suscite l’intérêt de la nouvelle génération de donateurs potentiels qui ont grandi dans l’économie du savoir axée sur la mesure de résultats.

L’importance accordée à la mesure de résultats est-elle une tendance de la génération actuelle?

Mis à part la question épineuse de savoir si les donateurs actuels prennent des décisions en fonction de la mesure des résultats, on peut affirmer avec certitude que les mesures deviendront plus importantes au fil du temps. D’abord, tous les secteurs (le secteur caritatif, le secteur public et le secteur public) font l’objet de pressions incessantes pour être plus efficaces et pour gérer un plus grand éventail de questions sociales, environnementales et économiques. Il est important, voire nécessaire, d’élaborer de meilleures mesures afin d’apporter les améliorations que la société exige. Deuxièmement, nous ne devons pas oublier que les donateurs d’aujourd’hui sont tout aussi importants que les donateurs de demain. D’après ce que j’ai constaté, la jeune génération n’est rien de moins engagée à l’égard de questions sociales et caritatives que la génération des baby-boomers. Cependant, les jeunes sont bien plus habitués à utiliser des mesures lors de la prise de décisions.

Tout le monde y gagne lorsqu’on met l’accent sur les résultats. La mesure de résultats peut donner lieu à une meilleure gestion et un plus grand impact par chaque dollar versé à une œuvre caritative et peut et susciter l’intérêt de la nouvelle génération, qui est plus motivée par les données quantitatives. En fin de compte, le mouvement axé sur l’évaluation est les résultats est là pour rester. En plus, il prend de l’ampleur.

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À propos de l’auteur

En tant qu’économiste en chef pour le secteur des OSBL, Brian Emmett est chargé de mesurer l’impact du secteur et d’attirer l’attention des décideurs politiques sur les questions auxquelles les organismes de bienfaisance et les organismes sans but lucratif sont confrontés. M. Emmett est titulaire d’un diplôme en économie de l’Université de Western Ontario et de l’Université d’Essex, en Angleterre, et sa carrière dans la fonction publique a été longue et brillante. Il a été le premier commissaire du Canada à l’environnement et au développement durable, à la fin des années quatre vingt dix, et a beaucoup travaillé sur le Plan vert du Canada. Il a également exercé les fonctions de vice-président de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), au début des années 2000, et de sous-ministre adjoint au sein de plusieurs ministères fédéraux.

Le bureau d’économiste en chef du secteur des OSBL doit son existence au financement versé par la Muttart Foundation, la Fondation Trillium de l’Ontario, la Vancouver Foundation, un donateur anonyme et par la Fondation PricewaterhouseCoopers Canada.

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