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Démystifier les données pour le secteur des OSBL

Mardi, 21 Février, 2017
Source OSBL
Politiques publiques
Ashley Pardy & Brittany Fritsch

Une nouvelle vedette est arrivée en ville et fait la manchette partout où elle passe. Il est question de données, mais oui! En fait, une fois que vous avez réussi à percer leur aura protégée par un jargon inaccessible, elles sont pas mal intéressantes. Faisons connaissance!

Ce billet se veut une introduction au monde des données. Nous tenterons de décomposer cet univers largement méconnu afin de rassembler quelques-uns des définitions, classifications et enjeux principaux. En ce faisant, nous espérons que vous pourrez mieux saisir l’importance des données pour votre organisation et commencer à explorer de nouvelles avenues pour les utiliser et en discuter.

Votre organisation ne peut se passer de données

Les données, ce sont tous les faits et statistiques, bref, l’information, dont nous avons besoin pour prendre des décisions. Les organismes dont le travail est fondé sur des données sont en meilleure position pour servir leurs communautés et pour trouver des solutions aux enjeux sociaux d’aujourd’hui, souvent très complexes. Autrement dit, l’utilisation judicieuse des données est un élément clé pour créer et mettre en œuvre des programmes à succès. De plus, les organismes qui parviennent à intégrer les données dans leur travail constatent qu’il leur est plus facile de mettre en évidence l’impact de leur travail, de collecter des fonds et de faire leur travail de défense des intérêts. Depuis toujours, les organismes de bienfaisance et sans but lucratif sont à la fois de grands utilisateurs et sources de données, et nous avons tout intérêt à bien comprendre le rôle central des données dans nos efforts de remplir nos missions respectives.*
  

Au cours des dernières années, plusieurs appels se sont fait entendre (voir les documents publiés par ONN* et le Mowat Centre*) suggérant aux organismes de bienfaisance et sans but lucratif de développer une approche stratégique en ce qui concerne l’utilisation des données dans un contexte de politique publique. Inévitablement, l’intérêt renouvelé du gouvernement fédéral pour le rôle des données, qui s’exprime notamment dans le concept axé sur l’importance de tenir ses promesses électorales (deliverology*), l’initiative du gouvernement ouvert et l’élaboration de politiques fondées sur les faits, aura des conséquences sur notre travail. Ainsi, le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique a reçu le mandat d’« améliorer la qualité des données accessibles au public au Canada » (en plus de rétablir le formulaire long du recensement – une mission accomplie, youppi!). C’est seulement en nous familiarisant avec l’enjeu qu’est l’utilisation des données que nous pourrons participer et contribuer efficacement aux débats futurs. 

Les types de données

Lorsqu’il est question de données, on parle le plus souvent des différents types de données. À ce jour, aucune « catégorisation officielle » ne semble avoir été établie, mais parmi la foule d’information publiée à ce sujet, les catégories suivantes reviennent le plus fréquemment.
(Toute typologie, aussi imparfaite soit-elle, nous fournit un terrain d’entente linguistique, un ensemble de mots communs dont nous avons besoin lorsque nous discutons de nos actifs et besoins en matière de données.)  

  • Données administratives : des données compilées par des organismes et gouvernements pour leur propre usage, p. ex. données sur les inscriptions, information financière, données sur les activités et transactions et données pour la tenue de registres (p. ex. le formulaire T3010).
  • Données sur les programmes : des données relatives aux programmes et services offerts au public, générées, entre autres, par les organismes communautaires; elles permettent de savoir p. ex. les services fournis à endroit donné.
  • Données sociales : elles peuvent comprendre des données administratives et relatives aux programmes, mais, de façon générale, renvoient aux données sur la santé et le bien-être des Canadiens et des collectivités, p. ex. des statistiques sur l’itinérance, la pauvreté, la forme physique, la littératie et l’incarcération. Le recensement et l’Enquête sociale générale sont d’excellents exemples de données sociales par rapport au contexte communautaire et fort probablement les plus importantes données pour notre secteur. Nous nous en servons pour évaluer les besoins des gens et démontrer les effets de notre travail.

En plus de comprendre les types de données externes, il importe aussi de savoir combien de données vous produisez à l’interne. En fin de compte, vous devez être en mesure de déterminer quelles données répondent le mieux à vos besoins, où vous pouvez les trouver et comment vous pouvez vous en servir.

La complexité des données

La complexité des problèmes que notre secteur travaille à résoudre requiert des données de plus en plus complexes et en plus grande quantité. Ce qui nous amène au deuxième trait distinctif, soit la complexité des données définie en fonction du volume des données, de la rapidité de leur évolution et de leur variété. Encore une fois, les définitions exactes font défaut.

  • Données massives : elles sont d’une complexité telle que sans technologies avancées, nous ne pouvons les traiter ni manipuler. Habituellement, elles sont constituées de plusieurs jeux de données (par rapport à une même population) liés entre eux afin de déceler des schémas et corrélations. Ainsi, en liant des coordonnées GPS à des renseignements démographiques, des conversations dans les médias sociaux et des schémas météorologiques, on peut arriver à établir des stratégies d’intervention d’urgence après une catastrophe naturelle.
  • Jeux de données de moyenne taille : par définition, ils se situent quelque part entre les données massives et les petits jeux de données, mais il serait difficile de proposer une définition exacte. Cependant, certains pensent* que c’est cette catégorie qui offre les meilleures possibilités aux organismes de bienfaisance et sans but lucratif.
  • Petits jeux de données : il s’agit d’ensembles de données assez petits pour que le cerveau humain puisse les comprendre, p. ex. des données sur l’adhésion, des participants à un programme et des statistiques concernant la collecte de fonds. Pour manipuler les données d’une complexité très limitée, un logiciel statistique de base est généralement suffisant. 

L’énorme volume des données disponibles peut avoir un effet intimidant; or, ne cédez pas à la panique! Il est également erroné de penser que des jeux de données plus grands et plus complexes sont forcément meilleurs. Il n’est absolument pas nécessaire d’avoir recours à de grands volumes de données pour prendre des décisions appuyées sur des faits. Cela dit, en étant conscient de la complexité des données, vous serez en mesure de mieux définir la portée des données indispensables pour accomplir votre travail. Bref, l’important, c’est d’utiliser les bonnes données pour trouver la réponse à vos questions.

Le partage des données

En plus des types et de la complexité, on entend souvent parler de l’ouverture des données et de la facilité avec laquelle des tiers peuvent y avoir accès.

  • Données ouvertes : elles sont disponibles pour tous, et ce, gratuitement. Pour que les données soient reconnues comme étant réellement ouvertes, elles doivent respecter plusieurs principes généralement acceptés en ce qui concerne leur disponibilité, leur intégralité, leur accessibilité et leur actualité (voir les principes sur les données ouvertes mis au point par la Sunlight Foundation*). 
  • Données partagées : leur accessibilité est sujette à l’approbation ou convenue au moyen d’ententes. La grande majorité des données dans le secteur de la bienfaisance et sans but lucratif sont partagées avec autrui dans une certaine mesure.
  • Données personnelles : ces données sont de propriété privée et ne sont pas partagées avec des tiers.

Le débat se concentre généralement sur l’ouverture des données, mais il ne faut pas oublier que toutes les données, quel que soit leur degré d’ouverture, doivent d’abord et avant tout être facilement compréhensibles (dotées de catégories et définitions précises), faciles à manipuler (formatées correctement) et faciles à lier à d’autres sources de données ou à fusionner avec celles-ci. Ces caractéristiques permettent aux organisations de faire un plus grand usage de leurs propres données et rendent la collaboration plus facile.

L’intérêt pour les données ouvertes est dû en bonne partie à un mouvement gouvernemental mondial, le Partenariat pour un gouvernement transparent (PGT)*, dont l’objectif consiste à améliorer la transparence, l’efficacité et la reddition de comptes du secteur public. Le Canada, un des chefs de file de cette initiative, vient de publier son troisième Plan biannuel dans lequel il prend plusieurs engagements d’intérêt pour les organismes de bienfaisance et sans but lucratif (voir, notamment, les engagements 11, 19 et 22 du Plan).
  

Au cours des prochaines années, notre secteur aura de nombreuses occasions pour travailler avec le gouvernement alors que les ministères tenteront de rendre publique une plus grande quantité de leurs données. De nombreuses fondations publiques et privées cherchent également à accroître leur transparence, dont la Vancouver Foundation qui a mis en place une politique sur les licences ouvertes*, une initiative avant-gardiste.

L’enthousiasme autour des données ouvertes ne devrait cependant pas nous faire oublier les préoccupations très légitimes quant à la protection de la vie privée et des connaissances de propriété exclusive. Notre secteur travaille avec des populations vulnérables et recueille une quantité considérable d’information privée. D’où l’importance d’évaluer soigneusement le degré d’ouverture approprié de vos données pour votre organisation et les personnes qui bénéficient de vos services. 

Par où commencer?

Tout débat ne peut se conclure sans reconnaître l’importance pour notre secteur de savoir gérer, analyser et utiliser efficacement les données à notre disposition (c’est ce qu’on appelle la littératie des données). Pour vous aider à voir un peu plus clair, voici quelques suggestions pour développer votre expertise en matière de données.

  • Lisez, lisez, lisez : renseignez-vous sur un enjeu, une initiative ou un outil lié aux données, comme l’octroi de licences ouvertes*, la confidentialité des données* ou Google Analytics
  • Assistez à une conférence : cette semaine, plusieurs représentants du secteur participeront à la conférence Transform the Sector* sur les données numériques. Deux autres événements auront lieu en juin, soit l’Open Data Summit* à Edmonton et Data Power 2017* à Ottawa.
  • Abonnez-vous à un blogue ou un bulletin de nouvelles : inscrivez-vous aux mises à jour de l’initiative fédérale en matière de gouvernement ouvert pour participer au dialogue continu sur les données ouvertes entre le gouvernement fédéral et la société civile. Pour élargir vos horizons et enrichir vos connaissances, suivez des blogues spécialisés en littératie des données (p. ex. Powered By Data* et Philanthropy 2173*).

Allez à la rencontre de l’univers des données. La nouveauté du domaine peut nous mettre mal à l’aise, semblable à un 5 à 7 où nous ne connaissons personne et devons faire le premier pas pour établir un contact, mais rassurez-vous, la plupart d’entre nous vivent le même défi. Plus nous apprendrons à apprivoiser le potentiel des données pour notre travail, plus nous serons en mesure d’accomplir notre mission avec succès et de servir nos communautés.

*Ces sources ont disponibles en anglais seulement.

 

À propos de l’auteure

Ashley Pardy étudie au programme de maîtrise en philanthropie et leadership dans le secteur sans but lucratif à l’Université Carleton. Elle détient également une maîtrise en relations internationales qui l’a amené à faire des recherches sur la question de santé mentale et de politiques en matière de handicap en Éthiopie. Ashley a travaillé dans plusieurs pays comme bénévole dans les orphelinats, pour des organismes œuvrant auprès de personnes handicapées, avec des familles monoparentales et des groupes de défense en santé mentale. Entre autres, elle souhaite à mettre à profit la recherche et les données pour combattre la pauvreté, promouvoir l’équité et résoudre des problèmes de santé à l’échelle mondiale. 

 

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