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Fini la privation, célébrons : 5 façons de changer la discussion sur les frais généraux

Mardi, 28 Juillet, 2015
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Pour avoir impact réel, il faut investir

Une étude réalisée par la Muttart Foundation en 2013 nous a appris que presque trois quarts des Canadiens sont d’avis que les organismes de bienfaisance dépensent trop en salaires et en administration. Une autre étude récente commandée par Vision Mondiale a révélé que 51 % des Canadiens croient qu’une proportion de 81 % à 99 % des fonds dont dispose un organisme devrait être allouée « à la cause ». Parmi les répondants, 32 % affirment même que ce chiffre devrait être de 100 %.

Il est inquiétant de penser qu’un Canadien sur trois estime qu’aucun argent ne devrait être dépensé en administration. N’est-il pas évident que de trop faibles investissements dans ce domaine peuvent s’avérer contreproductifs pour l’atteinte d’une mission (sans parler d’absence totale de tels investissements)? Chez Imagine Canada, nous croyons que pour avoir un impact réel, il faut investir.

Non seulement cette concentration sur les frais généraux est-elle contreproductive pour la réalisation de résultats, mais en plus, il s’avère difficile d’évaluer le travail des organismes fondé uniquement sur leur bilan. Surprenant vous dites? Or, si on vous donnait une liste des enseignants d’une école, y compris le montant que chacun dépense en salle de classe, penseriez-vous que l’enseignant qui dépense le moins serait le meilleur? Bien sûr que non! Vous demanderiez, avec raison, d’obtenir d’autre information, p. ex. les résultats d’examens des élèves et le taux de diplomation. Comme pour la qualité d’un enseignant, il est difficile d’évaluer le travail des organismes de bienfaisance et sans but lucratif sans en connaître le contexte.

Alors, que pouvez-vous faire pour changer la discussion sur les frais généraux? Voici cinq stratégies simples qui vous permettront de générer des changements au sein même de votre organisation.

1. Aidez vos bailleurs de fonds à voir au-delà des ratios de dépenses

Même si la proportion de vos frais généraux est parmi les plus bas, ne vous concentrez pas uniquement sur cet élément pour parler du succès de votre organisme, une approche qui manque de vision. Disons que votre organisme travaille avec des jeunes à risque. Qu’arriverait-il si vous décidez d’abandonner un de vos programmes parce que vous vous rendez compte qu’il ne permet d’aider qu’un petit nombre de jeunes contrairement à une autre initiative qui, quoique plus chère, donne de meilleurs résultats? Allez-vous perdre des bailleurs de fonds parce que l’année suivante, ils s’apercevront que la proportion de vos frais généraux a augmenté de façon notable?

Plutôt que de miser exclusivement sur vos ratios, présentez à vos bailleurs de fonds différents renseignements pour démontrer l’efficacité et la crédibilité de votre organisme. L’effet sera double : d’un côté, vous apprendrez à vos bailleurs de fonds à voir différentes mesures de votre succès, ce qui vous donnera la flexibilité de maintenir les programmes produisant les meilleurs résultats. De l’autre côté, vous mettrez vos efforts de recherche de financement sur des bases plus solides. En effet, signe d’une évolution positive, les bailleurs de fonds canadiens semblent vouloir en apprendre davantage sur les organismes qu’ils appuient. Alors, renforcez le profil de votre organisme en offrant à vos donateurs différents renseignements pour corroborer l’efficacité et la crédibilité de votre organisme, p. ex. des rapports annuels et états financiers, des biographies et messages des membres de la direction de votre organisme, la couverture de vos activités dans les médias et des rapports de résultats.

2. Célébrez vos réalisations

C’est vrai, mesurer l’impact de votre travail peut ressembler à une corvée. Or, les avantages que vous allez obtenir après avoir bien analysé et communiqué cette information en valent assurément l’effort. Comme nous avons discuté dans d’autres billets de blogue, un des changements les plus importants à toucher le monde de la philanthropie au cours des dernières années, c’est l’intérêt grandissant pour de l’information qui démontre l’impact du travail des organismes. Un philanthrope souhaite que son don soit investi de la meilleure façon possible et qu’il obtienne le meilleur rendement qui soit. Si vous êtes en mesure d’expliquer l’incidence précise de chaque dollar donné, l’importance accordée à vos frais généraux et à la répartition de vos dépenses sera moindre.

Ainsi, prenez l’exemple de trois organismes dont le travail est axé sur la réduction du taux de récidivisme chez les criminels. L’organisme A dépense 30 % de chaque dollar à des fins administratives, l’organisme B, 10 % et l’organisme C, 15 %. Cependant, il a été démontré que le programme de l’organisme A réduit le taux de récidivisme de 14 % et celui de l’organisme B, de 2 %. L’organisme C n’est pas en mesure de donner cette information. D’après vous, quel programme est le plus intéressant pour un bailleur de fonds? (Le programme de l’organisme A, malgré le taux de dépenses élevé!)

Pour savoir comment expliquer efficacement l’impact de votre travail, consultez nos billets Faire preuve de transparence et démontrer l’impact auprès des bailleurs de fonds et Communiquer votre impact aux bailleurs de fonds : trois astuces de deux professionnels des médias. Enfin, vous trouverez des exemples saisissants d’organismes de bienfaisance qui célèbrent l’impact de leur travail parmi les études de cas dans la Ressource de base du nouveau discours (p. 50).

3. Pour changer des choses à l’échelle du Canada, commencez par votre organisme

Bien que les organismes de bienfaisance jouissent de la confiance du public et reçoivent un soutien indéniable de la part des Canadiens, nous savons que nous pouvons toujours faire mieux pour expliquer notre rôle et nos contributions à la société. C’est pourquoi il est important d’encourager une culture organisationnelle qui met en valeur et communique bien l’importance des investissements à long terme dans le secteur de la bienfaisance.

Chez Imagine Canada, nous misons sur le partenariat et la collaboration pour amener ce changement. L’année dernière, nous avons publié la Trousse d’outils du nouveau discours, un ensemble de ressources gratuites mis à la disposition des dirigeants dans le secteur pour les aider à amorcer une nouvelle discussion sur les organismes de bienfaisance canadiens. Les ressources permettent de réfléchir à la pertinence des frais généraux comme critère de succès et fournissent des arguments sur des sujets controversés comme la rémunération du personnel et la défense des intérêts à l’intérieur même du secteur. Présentez les ressources du Nouveau discours au sein de votre organisation, parlez-en et commencez à recadrer la conversation de l’intérieur.

4. Intégrez toujours les frais généraux dans vos demandes de financement

Il est tentant de sous-évaluer vos frais généraux au moment de préparer une demande de financement. Après tout, vous pourriez vous retrouver en compétition avec des centaines d’autres demandeurs. Mais attention, comme nous avons expliqué dans un billet antérieur à propos de la préparation d’un budget, agir de la sorte peut vous causer bien des ennuis.

Les frais généraux de votre organisme comprennent p. ex. des frais juridiques et comptables, des frais de services, le loyer et les assurances. Si vous incluez un pourcentage de ces coûts dans le budget de votre demande de financement, le projet pourrait vous permettre d’absorber certaines dépenses de fonctionnement de votre organisme. En effet, sans ces dépenses, votre organisme ne pourrait fonctionner et le projet proposé dans votre demande ne pourrait être mis en œuvre.

N’oubliez pas que beaucoup de bailleurs de fonds savent très bien si les dépenses présentées sont réalistes. Ils ont étudié des centaines de budgets avant de s’arrêter au vôtre. Si vous excluez certaines dépenses de votre budget, dont les frais généraux, votre projet pourrait sembler inatteignable et être refusé. 

Une façon bien simple d’inclure vos frais généraux : indiquez-les comme un pourcentage de votre budget total (p. ex. 15 %) dans une ligne budgétaire à part. Quelle que soit l’approche que vous choisissez, préparez votre demande en respectant les directives émises par chaque bailleur de fonds. Ils sont nombreux à permettre un certain pourcentage de frais généraux, mais certains, quoique rares, n’en acceptent pas du tout.

5. Respectez la limite et la définition des frais généraux de chaque bailleur de fonds

Ce n’est pas parce que vous connaissez un bailleur de fonds que vous les connaissez tous. Chacun détermine son propre seuil acceptable des frais généraux, la définition même de ces derniers et des coûts administratifs.

Les plus grands bailleurs de fonds disposent de politiques détaillées sur le contenu d’une proposition et votre budget doit être préparé en fonction de ces lignes directrices. Ainsi, la Fondation Trillium de l’Ontario affiche sa politique en ligne : elle finance des frais généraux et administratifs jusqu’à 15 % du budget total de la proposition. Elle fournit également des définitions très utiles des dépenses admissibles. Le programme de subventions du ministère de la Condition féminine du Canada accepte un seuil maximum de 20 % des dépenses administratives et fournit des lignes directrices fort éclairantes pour aider les demandeurs à différencier des dépenses admissibles de celles qui ne le sont pas. Renseignez-vous avant de soumettre votre demande! Vous pourriez être surpris d’apprendre que plusieurs dépenses administratives peuvent être reconnues aux fins d’une subvention de projet.

Lectures supplémentaires

  • The Overhead Myth (en anglais) – En 2013, GuideStar, BBB Wise Giving Alliance et Charity Navigator ont rédigé une lettre ouverte à l’attention des donateurs américains dans le cadre d’une campagne visant à mettre fin au « mythe des frais généraux », c’est-à-dire la fausse idée voulant que des ratios financiers soient le seul critère d’évaluation du travail des organismes sans but lucratif.
  • The Way We Think About Charity is Dead Wrong, Ted Talk par Dan Palotta (en anglais) – L’activiste et philanthrope Dan Palotta dénonce le double standard que nous appliquons aux organismes de bienfaisance. Selon lui, trop d’organismes sans but lucratif voient leur faible taux de dépenses récompensé plutôt que leurs réalisations. C’est pourquoi il nous demande de reconnaître l’importance des grands objectifs et réalisations des organismes de bienfaisance (même s’ils nécessitent des dépenses élevées) plutôt que de mettre sur un pied d’égalité simplicité et moralité.
  • La Trousse d’outils du nouveau discours, Imagine Canada – La Trousse d’outils est un ensemble de ressources au sujet de la taille et de l’impact du secteur et incite à réfléchir à la pertinence de la mesure des frais généraux comme critère de succès.
  • Ford Shifts Grant Making to Focus Entirely on Inequality, The Chronicle of Philanthropy (en anglais) – Un article exposant la nouvelle stratégie de la Ford Foundation, dont la volonté de donner davantage de financement pour le fonctionnement des organismes soutenus.

 

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