Le Bonhomme Sept-Heures, les dépenses des organismes de charité et autres légendes urbaines

Lundi, 2 Décembre, 2013
Un nouveau discours
Collecte de fonds
Finances et administration
Transparence et imputabilité

L’impact. C’est une partie importante de la réponse à l’une des questions les plus fréquemment posées à Imagine Canada : « Comment choisir un organisme de charité à appuyer?

Lorsque les gens posent cette question, ils cherchent souvent un chiffre magique qui répond à la question « Combien de fonds les organismes doivent-ils consacrer à leurs activités de financement et à la rémunération? » Mais les dépenses d’un organisme de charité ne représentent qu’un aspect d’un ensemble beaucoup plus grand, et pas nécessairement l’aspect le plus important.

Si on vous présentait une liste de tous les enseignants d’une école et le montant d’argent qu’ils dépensaient pour leur classe, assumeriez-vous automatiquement que l’enseignant qui a dépensé le moins était le meilleur? Probablement pas. Vous voudriez voir, et avec raison, des informations complémentaires sur les notes des élèves, le taux d’obtention de diplôme, etc. Personne ne recommande que les organisations dépensent de façon inconsidérée – et nous nous sommes engagés à réclamer la transparence et la responsabilité – mais il faut reconnaître qu’il y a des coûts réels associés au travail nécessaire pour résoudre certains des problèmes les plus difficiles auxquels notre société est confrontée. Les recherches montrent que, face à un financement insuffisant pour l’administration, les organismes font appel à des stratégies (consistant à payer de bas salaires, à se débrouiller avec des ressources insuffisantes et à s’en passer) qui diminuent l’efficacité organisationnelle.

Les organismes de charité font plus que transférer des ressources d’un groupe à un autre – ils offrent une immense valeur ajoutée. Considérons l’exemple suivant d’un jeune sans-abri. Les gens qui sont préoccupés par les frais généraux sont libres de donner de l’argent directement à un jeune dans le besoin. Dans ce scénario, il y a un transfert direct de ressources – il n’existe aucune entité intermédiaire et aucun frais supplémentaire – mais il n’y a pas de valeur ajoutée pour les jeunes de la rue. Les mêmes conditions qui ont conduit cette personne à vivre dans la rue peuvent très bien être présentes lorsqu’on effectue le don. Cependant, la situation est différente lorsque cet argent est versé à un organisme qui offre de la formation et du logement abordable et qui protège les droits des jeunes. Oui, ce genre d’intervention entraîne certains coûts, mais au bout de compte, la jeune personne en question aura une meilleure chance quand les ressources supplémentaires seront investies dans son avenir.

Quelques fois par an, on voit circuler un courriel qui prétend révéler des dépenses inappropriées dans le secteur caritatif. Les prétentions de ce courriel ont été discréditées – en effet, elles figurent sur la liste de 25 légendes urbaines de snopes.com – et pourtant le message demeure dans la mémoire collective des donateurs. Au cours de la dernière année, nous avons travaillé avec d’autres organismes afin de jeter un nouveau regard sur le travail de notre secteur – pour célébrer l’impact énorme de nos organismes et pour élargir le prisme à travers lequel on voit notre secteur. Les organismes de charité et les organismes sans but lucratif continuent à contribuer à l’édification, au façonnement et à la définition de notre nation, et pourtant nous ne réussissons pas toujours à raconter efficacement notre histoire. Nous aurons plus à dire à ce sujet dans la nouvelle année et nous espérons que tous les Canadiens participeront à cette nouvelle conversation.

En ce qui concerne les légendes urbaines, je ne peux pas vous dire avec certitude que le Bonhomme Sept-Heures n’existe pas, mais je peux vous dire que la capacité d’évaluer un organisme de charité uniquement en fonction de ses dépenses s’inscrit certainement dans la catégorie des mythes. Pour avoir un impact réel, il faut faire un investissement réel.


Stephen Faul est le vice-président des communications stratégiques et du développement des affaires à Imagine Canada. Avant de se joindre à l’équipe d’Imagine Canada, Stephen a été directeur général de Second Harvest, organisme qui recueille des aliments frais et périssables et les distribue à plus de 200 organismes de services sociaux à Toronto. Il a également occupé les rôles de vice-président, marketing et alliances stratégiques à Operation Eyesight, de gestionnaire des communications au Scarborough Community Care Access Centre, de directeur exécutif intérimaire et directeur des communications à la Société canadienne de schizophrénie, de directeur, marketing et communications à la Fondation canadienne du rein du centre de l’Ontario et de gestionnaire des relations avec les médias au Musée royal de l’Ontario. Stephen est également un conférencier invité en matière de marketing des OSBL dans le cadre du Nonprofit Management Program de l’Université York. Il est titulaire d’un certificat en marketing pour les organisations à but non lucratif de l’Université Carleton et d’un diplôme du collège Centennial en journalisme télé et radio.
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