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Lutte contre la pauvreté : pourquoi le gouvernement devrait passer le flambeau au secteur caritatif

Lundi, 6 Novembre, 2017
Auteur invité
Politiques publiques
Bill Morris

Plus tôt cette année, le gouvernement fédéral a mis en branle le processus qui devra aboutir à la toute première Stratégie de réduction de la pauvreté (SRP) dans l’histoire du Canada. Beaucoup de personnes dans le secteur de la bienfaisance et sans but lucratif se sont réjouies de ce geste, puisque la SRP représente la possibilité de s’attaquer sérieusement au problème de la pauvreté et de créer un Canada inclusif. Voilà une chance qui n’arrive qu’une fois par génération.

Pour réaliser un projet aussi ambitieux, il faut veiller à ce que tous les morceaux tombent en place. Évidemment, on ne peut se passer ni d’un fondement politique bien solide ni des investissements nécessaires.

Toutefois, pour vraiment assurer le succès de la SRP et de ses effets à long terme, les Canadiens doivent adopter la Stratégie, se l’approprier et sentir qu’ils font partie de sa mise en œuvre. La SRP doit devenir une partie intégrante de l’identité de notre pays.

Car si les Canadiens ne voient en cette initiative que de la rhétorique et une stratégie gouvernementales, la SRP sera vouée à l’échec.

Pour permettre aux Canadiens de se sentir réellement parties prenantes dans ce projet de société, le gouvernement doit laisser sa place et passer le flambeau de la SRP à d’autres acteurs. C’est ici que le secteur de la bienfaisance et sans but lucratif peut jouer un rôle de premier plan.

Le meilleur véhicule, car le plus logique pour réduire la pauvreté, serait une nouvelle entité sans but lucratif créée sur mesure. Idéalement, cette entité serait dotée d’un mandat spécial conféré par une loi adoptée par les parlementaires et équipée d’un réservoir financier suffisamment rempli pour arriver à terme de son voyage important. C’est du moins l’hypothèse avancée par Michael Mendelsohn dans un document de réflexion (anglais) préparé pour le compte de Centraide United Way Canada et publié récemment par le Caledon Institute.

Bien sûr, « passer le flambeau » ne veut pas dire que le gouvernement devrait se soustraire à sa responsabilité en matière de lutte contre la pauvreté. Au contraire, il s’agit de donner aux Canadiens les moyens de demander des comptes au gouvernement pendant toute la période nécessaire pour renverser le mouvement actuel vers une augmentation des inégalités et de l’exclusion sociale pour plutôt offrir des possibilités à tous et faire profiter tout le monde de notre richesse collective. Les politiques publiques sont au cœur de cette transformation.

La première monture de la stratégie devra établir des objectifs clairs pour réduire la pauvreté et l’exclusion sociale. Cependant, ce n’est pas le gouvernement en place qui devrait faire rapport de l’efficacité des politiques et programmes conçus pour atteindre ces objectifs, car personne n’aurait confiance en la crédibilité des résultats. Qui plus est, le gouvernement suivant discréditerait tout le processus comme le vestige d’une ère révolue que les citoyens ont rejeté aux dernières élections.

Pour assurer la crédibilité, l’adhésion générale de la population et la viabilité de la SPR, le processus devrait s’inspirer de l’expérience de nombreuses collectivités qui ont emprunté cette route dans le passé en utilisant des stratégies gagnantes adaptées au contexte local.

Dans ces collectivités, ce sont les gens, généralement représentés par un organisme indépendant à l’image de la diversité de la collectivité qui comprend toute personne intéressée, les gens d’affaires, les représentants syndicaux, les organismes communautaires, les groupes religieux, les groupes autochtones, l’administration locale, ainsi que les personnes ayant elles-mêmes vécu la pauvreté, qui suivent la mise en œuvre de la stratégie et veillent à son progrès. Ils partagent une responsabilité collective et deviennent les porte-étendards d’une mission qui consiste à réduire la pauvreté des leurs.

Ce modèle sans but lucratif ancré dans la collectivité a fait ses preuves et devrait maintenant être adapté pour créer une structure de reddition de compte à l’échelle nationale pour la SRP. Ainsi, et à condition de faire les choses selon les règles de l’art, ce que l’auteur du document de réflexion appelle le conseil canadien de l’inclusion et du bien-être pourrait devenir une voix forte de l’inclusion au Canada et le berceau national de l’apprentissage, de l’élaboration de politiques efficaces et de l’innovation sociale.

 

À propos de l’auteure

Bill Morris

Bill Morris est directeur national des politiques publiques de Centraide United Way Canada. La mission du mouvement Centraide United Way, présent et actif à l’échelle du pays et à l’international, consiste à améliorer la vie des gens et à bâtir la collectivité en favorisant l’action citoyenne et concertée.

Nos auteurs invités s’expriment à titre personnel. Leurs opinions ne reflètent pas nécessairement celles d’Imagine Canada.

 

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