-A +A

Imagine Canada

Pour la cause. Pour la communauté.

Les classements des organismes de bienfaisance – une évaluation

Mardi, 20 Janvier, 2015
Notes du PDG
Red ink splotch

Nous voici au début d’une nouvelle année, une période marquée par le renouvellement et l’optimisme! J’espère que les dirigeants des organismes de bienfaisance partagent ce sentiment après des moments d’oppression et d’essoufflement et, dans mon cas, la perte de quelques cheveux de plus et une chevelure de moins en moins bien garnie. Bref, j’espère que tous se sont remis de ce que j’appelle communément le SCOBFA, le « syndrome des classements des organismes de bienfaisance de fin d’année ». Oui, vous avez bien lu!

Chaque année, divers groupes et organisations décident d’évaluer les organismes de bienfaisance et de jeter leur sort sur ceux qu’ils jugent bons et ceux qu’ils jugent moins bons.

Le stress commence dès la sortie d’un nouveau classement : faisons-nous partie de la liste? Sinon, est-ce parce que nous ne sommes pas assez bons? Si oui, avons-nous reçu un jugement favorable? Sinon, pourquoi pas, au juste? Avons-nous reçu une mauvaise note? Si oui, nous savons bien sûr que nous sommes meilleurs que ça! Mais quelle en sera l’influence sur nos donateurs?

Bien qu’il soit excellent que les médias s’intéressent au secteur caritatif (après tout, toute publicité est bonne à prendre, n’est-ce pas?), la question des classements demeure très controversée. Bien sûr, le fait de porter un jugement arbitraire sur quelque chose dans le but de distinguer le bon du mauvais peut être considéré comme un service rendu à la population. Chose certaine, aider les membres du public à se retrouver dans cette avalanche de demandes provenant des organismes caritatifs et à décider de leurs dons fait écho auprès des lecteurs et consommateurs.

Néanmoins, le défi qui consiste à faire une évaluation juste, objective et qui utilise la bonne méthodologie est énorme. Il est particulièrement déplorable que dans tous ces classements, on obtienne des résultats déformés en soulignant outre mesure les dépenses des organismes. Malheureusement, cette façon de faire perpétue la croyance générale qu’il soit intrinsèquement mauvais d’investir des ressources adéquates pour livrer des programmes de qualité. Après avoir travaillé dans le secteur de la bienfaisance et sans but lucratif pendant des décennies, je déplore avec véhémence cette représentation de plus en plus négative que l’on fait des « frais d’administration ».

C’est pourquoi, cette année, j’ai décidé d’évaluer, à mon tour, les classements des organismes de bienfaisance.

Mon évaluation des méthodologies utilisées se veut complètement arbitraire. Elle est dictée par le niveau d’irritation, d’approbation ou du stress que chacune d’entre elles a provoqué chez moi.

J’ai donc regardé les récents classements dressés par deux publications canadiennes importantes et malheureusement, je dois leur donner la note « D ». Je me suis déjà fait reprocher d’être un évaluateur sévère et encore une fois, je n’y suis pas allé avec le dos de la cuillère.

Les méthodologies utilisées dépeignent un tableau incomplet de la situation. Qu’elles aient recours exclusivement aux données tirées de formulaire T3010 (plutôt que des rapports annuels et états financiers vérifiés) ou qu’elles fassent fi des questions d’impact, de valeur et de transformation, elles passent complètement à côté de ce qui définit le travail des organismes caritatifs. Pourquoi ne pas évaluer la valeur des services en santé mentale pour les patients qui en bénéficient? Ou l’impact à long terme de la participation des jeunes aux activités artistiques et musicales? Quelle valeur attribue-t-on à l’engagement pour l’environnement?

De plus, aucun classement ne tient compte de la difficulté de trouver une mesure généralisée applicable à l’ensemble du secteur de la bienfaisance! Est-il raisonnable de penser que l’on peut utiliser les mêmes critères pour un orchestre symphonique, une équipe de soccer, un hôpital et un refuge pour sans-abri?

Selon le jugement porté par l’auteur de ces lignes (après tout, les classements ne sont-ils pas toujours une affaire de jugement?), ces classements ne méritent pas la note de passage.

Pour terminer…, je prends un engagement personnel pour mettre fin au SCOBFA. En cette nouvelle année, je rencontrerai les auteurs de ces rapports pour leur expliquer pourquoi leurs classements, quoiqu’une bonne idée pour mousser les affaires, nuisent à notre secteur, et ce, de façon sérieuse et durable.

À propos de l’auteur

Avant de se joindre à Imagine Canada, Bruce Macdonald a occupé le poste de président et directeur général des Grands Frères Grandes Sœurs du Canada pendant dix ans, après avoir servi l’organisme à titre de vice-président du marketing. Bruce est bilingue et a dirigé d’importantes initiatives de changement, en plus de développer des partenariats durables et novateurs avec des membres du secteur privé et d’autres organismes de bienfaisance. Il s’est aussi impliqué dans de nombreux organismes, dont deux YMCA, les Ontario Senior Games, ainsi que des clubs Kinsmen et Kinette. Peu importe le projet, Bruce l’entreprend avec passion, connaissances et compétences.

Bruce détient un B. Com. en administration des sports et une maîtrise en gestion dans le secteur bénévole.

Back to Blog Retour au blogue

Commentaires

Soumis par Roland Granger ... le
Nos membres ont besoin de divulguer à leurs donateurs le taux de leurs frais d'exploitation. Pour parvenir à cette fin, nous devons avoir des données qui veulent dire la même chose. Alors une saisie de données identique est nécessaire. Ne croyez-vous pas qu'une approche semblable, offrirait un ratio comparable et fiable. Il existe un besoin de transparence. Et, nous devons le combler. L'important est de comparé des fondations ayant des caractéristiques similaires. (àge des programmes- nombre d'employés- popularité de la cause , etc.

Ajouter un commentaire

Nos partenaires nationaux

  • great west life
  • Lawson Foundation
  • Muttart Foundation
  • RBC Foundation
  • Suncor
  • TD Bank
  • investors group

Learn more about our National Partners and other supporters.

Charitable Registration Number: 119218790 RR0001