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Soumettre une demande de subvention pendant COVID-19 : ce qu’il faut savoir

Soumettre une demande de subvention pendant COVID-19 : ce qu’il faut savoir

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Les sources de revenus traditionnelles comme les événements de collecte de fonds, la sollicitation de dons au porte-à-porte et les programmes de services rémunérés ne sont plus viables pour la majorité des organismes de bienfaisance et sans but lucratif dans le contexte de l’éloignement physique actuel. 

Les organismes doivent s’adapter et s’orienter vers de nouvelles solutions pour traverser cette crise et les subventions sont parfaites pour diversifier votre portefeuille. Cela dit, les subventions ne sont pas sans inconvénients — et il faut en tenir compte, surtout en période de crise ou de changement. Par exemple, le processus de demande et d’approbation peut sembler prendre une éternité et les subventions nécessitent une planification à long terme impossible pour certains organismes en cette période d’incertitude. 

Dans notre dernier rapport, Enquête sectorielle : Les organismes caritatifs et la pandémie de COVID-19, plus de 40 % des organismes de bienfaisance canadiens signalent que les bailleurs de fonds tiennent compte des défis actuels et commencent à s’adapter. Un grand nombre d’entre eux reportent les dates limites, honorent et assouplissent les ententes de financement en vigueur, modifient leurs exigences en matière de présentation de rapports et annoncent de nouveaux fonds, entre autres mesures. Pendant ces deux derniers mois, Imagine Canada a constaté chez les bailleurs de fonds de partout au pays une souplesse et une adaptabilité croissantes — caractéristiques rarement vues l’une comme l’autre dans l’octroi de subventions. Cette évolution est prometteuse parce que le soutien pendant la pandémie protégera la capacité et la résilience de notre secteur.

Kyra Tudlong, de notre équipe de Connexion subvention, vient de s’entretenir (virtuellement, bien sûr!) avec Peter Hoppe, un rédacteur de demandes de subvention chevronné et un formateur en collecte de fonds qui possède plus de 30 ans d’expérience du secteur, pour savoir ce qu’il pense des changements en cours dans l’octroi de subventions au Canada et de la place des subventions dans une stratégie de collecte de fonds pendant la pandémie de COVID-19.

Qu’avez-vous constaté dans l’octroi des subventions depuis le début de la crise? Quels types de changements observez-vous dans la répartition des subventions (restrictions, critères, dates limites, rapports, etc.)?

Ce que j’ai notamment constaté avec surprise, lors de ma recherche préliminaire de fondations et de sociétés donatrices en utilisant Subvention connexion et d’autres sites Web de bailleurs de fonds, c’est que la majorité des bailleurs de fonds ne tiennent pas compte de la COVID-19 dans leurs objectifs de financement. La majorité des fondations semblent maintenir le cap sans s’écarter leurs domaines d’intérêt ni de leurs paramètres initiaux pour octroyer du financement. En revanche, certains de ces bailleurs de fonds ont reporté leurs dates limites pour les demandes de subvention et la présentation de rapports, comme la Fondation Trillium de l’Ontario qui vient d’annoncer que les cycles d’octroi de subventions de croissance et d’immobilisations pour 2020 sont en cours d’examen. 

Quelles occasions ou quels défis cela peut-il présenter aux organismes à la recherche de fonds en ce moment?

Les restrictions imposées à l’utilisation des fonds octroyés sont assouplies pour tenir compte de la pression financière subie par de nombreux organismes. C’est une bonne nouvelle pour les organismes caritatifs qui ont pris du retard dans la préparation de leurs rapports de gestion et de l’information sur les programmes et les projets qui nécessitent du financement cette année. Même les bailleurs de fonds qui n’ont pas encore annoncé officiellement le changement des dates limites de présentation des demandes et des rapports envisageront sans aucun doute de le faire pour les organismes qui pourront expliquer les répercussions de la COVID-19 sur leurs activités.

C’est le domaine de la prospection de donateurs qui posera un défi. L’examen des sites Web des bailleurs de fonds potentiels et la prise de contact préliminaire — quand elle est possible — seront plus critiques que jamais. Bien que je sois certain que Connexion subvention ne ménage pas sa peine pour tenir à jour au mieux son information sur les bailleurs de fonds, les professionnels de la collecte de fonds pourront éprouver de la difficulté pour prendre connaissance à temps d’une mise à jour communiquée par une fondation.

(Pour en savoir plus sur la méthode que nous employons pour nous tenir au courant des nouveaux programmes de financement et des changements apportés aux programmes existants pendant la COVID-19, suivez-nous sur Twitter ou communiquez avec nous à grantconnect@imaginecanada.ca.)

Les arguments avancés par un organisme à l’appui de sa demande de soutien devraient-ils insister sur les répercussions des défis de la COVID-19 et sur l’aide qu’un soutien financier lui apporterait pour s’en relever ou devraient-ils encore être axés sur l’incidence à long terme de son activité au-delà des défis actuels? 

Bien que je pense que chaque demande de subvention et de financement devrait comporter une description des répercussions de la pandémie sur l’organisme, celle-ci ne devrait pas faire partie de la justification de sa demande de soutien (en anglais). La seule exception à ce principe serait la présentation d’une demande de financement de la relance post-COVID-19 aux bailleurs de fonds ayant annoncé qu’ils examineront ce type de demande. Votre demande de soutien doit s’en tenir au besoin auquel répond le projet ou le programme pour lequel des fonds sont sollicités. En revanche, la description des répercussions (en anglais) de la COVID-19 axée sur les efforts déployés par un organisme pour s’en relever donne du poids à sa demande de financement en démontrant sa résilience et sa viabilité. Les rédacteurs de demandes de subvention doivent garder à l’esprit que les fondations financent les besoins des gens et non ceux des organismes.

Une autre tentation à laquelle ne pas céder est celle qui consiste à positionner votre organisme parmi ceux qui répondent à la crise de la COVID-19 — surtout si ce lien est ténu. N’essayez pas de faire concurrence aux organismes de première ligne. Il vaut mieux vous en tenir à des arguments authentiques à l’appui de votre demande aux bailleurs de fonds que votre cause intéresse et qui l’ont financée dans le passé.   

Recommanderiez-vous aux organismes de solliciter des subventions pour compenser leurs pertes dans les revenus des collectes de fonds à cause de la COVID-19? Pourquoi?

La recherche de subventions pour compenser les pertes de sources de collecte de fonds liées à la COVID-19 risque malheureusement d’être décevante. Bien que plusieurs grandes fondations — et, comme Charity Village vient de l’annoncer (en anglais), un nombre croissant de sociétés — aient affecté des fonds importants au soutien des efforts de relance post-COVID-19, ces subventions sont octroyées en majorité à des organismes présélectionnés — principalement les hôpitaux et les banques alimentaires. Ma recherche initiale m’a permis de constater que de nombreux bailleurs de fonds n’ont pas encore modifié leurs lignes directrices en matière de financement pour tenir compte des répercussions de la COVID-19. Espérons qu’ils seront plus nombreux à procéder sous peu à ces modifications. 

Avez-vous des recommandations ou des ressources à offrir aux collecteurs de fonds qui solliciteraient des subventions pour la première fois ou qui modifieraient leur stratégie de financement pour accorder une place plus importante aux demandes de subvention?

L’amélioration de votre programme de rédaction de demandes de subvention est un conseil qui mérite d’être suivi en tout temps. Les subventions des fondations et des sociétés devraient être un pilier fondamental de votre portefeuille de financement diversifié. Nouer de solides relations avec un noyau de bailleurs de fonds vous permettra de traverser une période difficile et d’être en pleine expansion en période propice. Voici quelques-unes de mes recommandations :

  1. votre enregistrement auprès de l’ARC à titre d’organisme de bienfaisance vous donnera accès à un bassin de donateurs potentiels plus important qui ne financent que les organismes de bienfaisance enregistrés;
  2. assurez-vous d’étayer votre demande de soutien (en anglais) et la description de vos besoins (en anglais) par des faits probants et par une documentation solide;
  3. investissez dans une base de données comme Connexion subvention. Ces outils offrent une plateforme et un processus crucial pour éclairer la prospection;  
  4. consacrez le temps nécessaire à une recherche méthodique des donateurs potentiels, notamment en consultant les sites Web des bailleurs de fonds et en communiquant avec eux avant d’élaborer votre demande; 
  5. respectez les lignes directrices et les exigences en matière d’information des bailleurs de fonds;
  6. effectuez le suivi après avoir présenté votre demande avec des mises à jour sur votre programme et de l’information nouvelle sur votre organisme.                                        

Aimeriez-vous communiquer d’autres réflexions ou conseils sur la recherche et la demande de subventions pendant l’ère de

Maintenez le contact avec vos bailleurs de fonds. Expliquez-leur comment votre organisme s’adapte à ces temps difficiles. C’est le moment idéal pour le service après-don et la communication. Deuxièmement, prêtez attention aux dates limites pour les demandes de subvention et aux changements possibles des domaines d’intérêt en matière de financement. Enfin, la période actuelle est idéale pour élaborer et pour soumettre ces propositions de subventions et ces demandes de financement en ligne. Étant donné la lenteur des fondations pour donner suite aux demandes de soutien, présenter vos demandes plus tôt pourra vous donner l’avantage quand les bailleurs de fonds seront submergés cet automne par les demandes.

Depuis deux mois, Imagine Canada préconise inlassablement au gouvernement de reconnaître l’importance de notre secteur pendant cette crise — notamment en réclamant l’instauration d’un Programme de subventions pour la résilience du secteur afin d’assurer sa survie et de maintenir les mesures d’aide et les services que nous offrons aux Canadiens et à la collectivité dans son ensemble. Pour vous tenir au courant de l’actualité de la collecte de fonds et des subventions, abonnez-vous à notre infolettre mensuelle, Avis de subvention, et consultez dans Connexion subvention les milliers des possibilités de subvention et de financement — mises à jour quotidiennement par Imagine Canada.

Peter Hoppe est président de Fundamentals (fundamentals.solutions), une société de conseil en financement des organismes de bienfaisance et sans but lucratif. Il est également professeur à temps partiel en études de cycle supérieur en collecte de fonds et en gestion d’organismes sans but lucratif au Collège Humber et au Collège Seneca. Il a plus de 30 ans d’expérience de l’aide à l’expansion et à la diversification des organismes par le biais de la planification stratégique, de la rédaction de demandes de subvention et des dons des particuliers.  

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